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Extraits de l'interview de Bolya, notamment sur la politique du pays, la libération de JP Bemba, le lynchage d’Yves Kisombe. PDF Print E-mail
Monday, 17 August 2009 21:12
Nous avons eu un temp avec le contributeur sociopolitique de Congoedition, le journaliste Bolya pour donner son point de vue de récents événements en république démocratique do Congo. Extraits de l'interview, notamment sur la politique du pays, la libération de JP Bemba, le lynchage d’Yves Kisombe, la gouvernance de Kabila. 

 

Congoedition : Comment évaluez-vous la prestation du chef d’Etat Kabila depuis les élections 2006 ?

 Olivier Bolya : La grande mutation intellectuelle qui précède le développement technique d’un pays qui se développe n’a pas eu lieu. Au contraire le pays est en train de s’isoler avec la révolution du type de la Corée du nord ou l’on recherche le culte d’un président de la république « saint » et "irréprochable". Au début on croyait qu’il était contre ces pratiques, mais aujourd’hui on réalise qu’il les tolère amicalement, ainsi que les arrestations arbitraires faites par ses services souvent pour des infractions "dérisoires"(…) Les sentences ne sont pas équilibrées avec la gravité des crimes ; c’est qui n’empêche pas les congolais de donner une coloration politique aux decisions des magistrats congolais. L’exemple de Kuthino, 20 ans de prison pour tentative de meurtre, même si c’est "vrai", c’est trop! Il faudrait revoir tout cela pour ramener la confiance entre le peuple et son gouvernement. Je pense que le président Kabila me déçoit un peu sur plusieurs points. Le plus important c’est le fait de garder des personnes que lui-même juge incompétentes autour de lui, surtout des personnes ayant été citées dans les différents rapports des pillages des ressources de notre pays. Le paradoxe difficile à croire qui s'est créé ici est que, les magistrats qui ont été récemment virés de leurs fonctions n'ont pas bénéficié du doute juridique comme en bénéficient tous nos « pilleurs d’état » autour de lui. Certains d’entre eux continuent à être promus alors que leur rendement est médiocre, et que leur passé politique est sujet d’immoralité avec les biens communs.  Donc le problème du Congo se situe  aussi  au niveau des ressources humaines, et de la solidité des institutions, qui sont chaque jour affaiblies de facon intravertie et extravertie. Aujourd’hui on réalise un manque coherence d'approche de notre gouvenement car par exemple les déclarations d’Hillary Clinton ne diffèrent en rien de celles  de Karel de Gutsh, mais on ne verra jamais le rappel de l’ambassadeur du Congo aux Etats-Unis ou le refroidissement des relations comme ce fut le cas avec la Belgique… C'est encore la un exemple "d'amaturisme" flagrant. Bref beaucoup de promesses, qui se suivent par d’autres promesses… Heureusement qu’il a compris qu’il s’agira prochainement de se débarrasser des alliances et des personnes qui le tiennent en otage a-t-on appris, « sinon les élections futures sont perdues déjà ».

 

CE : Quelle interprétation  faites-vous de la libération de Jean Pierre Bemba ?

 OB : Ironiquement et politiquement correcte, cette liberté provisoire est une sorte de victoire pour l’Afrique qui se plaignait que la CPI est un tribunal pour les africains seulement, et spécialement les congolais. La plupart des congolais devennaient de plus en plus convaincus qu’il s’agissait d’un procès politique en vue d’aliéner Bemba politiquement. Cet arrêt du tribunal ouvre donc la sphère de spéculation sur l’avenir de Jean Pierre Bemba en politique. Jusqu’ou ira-t-il maintenant ? Pour ceux qui croient que les occidentaux en savent pas grande chose pourquoi il est libre sont surement « naïfs ». Souvenez-vous du fait qu'Hillary Clinton lors de son passage en RDC a stigmatisé sur la bonne gouvernance, le respect de droit de l’homme, sa désapprobation ironique sur la construction des routes par les chinois quand les gens ne sont pas libres pour les emprunter(…).La construction des routes ne doit pas substituer l’installation d’une vraie démocratie! A qui s’adressait-elle ? pour certains, JP Bemba « libre » fait-il tellement "peur" qu’il est utilisé par les occidentaux comme « monnaie de pression » contre Kinshasa ? Je n’en sais rien. L’avenir explicitera sur cette question. Mais pour l'instant, la personne la plus heureuse, c'est d'abord sa femme, puis ses enfants; le reste, on suivra minitieusement. 

 

CE : La relation entre la diaspora et les politiciens congolais de Kinshasa se détériore chaque jour, tout récemment le député Yves Kisombe a été violenté en Grande Bretagne par les "résistants –combattants" qui en veulent à toute personne qui soutient le régime du président Kabila ? Qu’est ce que le gouvernement Congolais peut faire pour convaincre la diaspora à opter pour la fin de  cet"embargo" qu’elle a octroyé  aux clergés, musiciens et politiciens congolais ?

 

La violence est toujours condamnable dans toutes ses formes pour les uns et pour les autres, que soit individuelle ou institutionnelle. Il ne faut jamais ignorer un problème croyant il va se résoudre lui-même. Ici déjà je peux dire que le ministère de la diaspora, Collette Tshomba par sa lethargie et son manque de vision claire comment integrer les congolais de l'etranger a failli à sa mission de réunir la diaspora et le gouvernement. Il faut que le gouvernement arrête  de montrer à la diaspora qu’ils sont là seulement pour piller les aquisitions de l'Etat comme des "kleptocrates", des "violents" prêts à utiliser les fusils et les tactiques malsaines pour museler l’opposition et nuir au peuple, notamment par la corruption. La diaspora dans certains cas doit etre patiente avec la concretisation des promesses. La souffrance est grande au Congo, la diaspora envoie de l’argent pour soutenir des familles entières pour des besoins primordiaux comme les études, traitements des malades, la nourriture, le transport en commun… sans cela, ca serait la "guerre civile". Contrairement aux prétentions ou convictions des clergés congolais qui croient "faussement" d'ailleurs que c’est la parole de Dieu qui freine cela.  Il faut donc créer un cadre inclusif avec tout le monde : de "vrais" représentants de la diaspora comme les resistants de Londres, Maitre Nlandu, Theodore Ngoy, Justine Kasavubu, Oscar Kashala, JP Mbelu, B. Wetshi…même des journalistes comme l'animateur Franck Sando Kanda, Samba Olonga, Lambert Ngoy, autant pour Ngbanda et d'autres forces proches du gouvernement comme PatricK Diassouka, Richard Ilunga... pour que cette fois-ci, les "vrais" acteurs puissent y participer et être écoutés, et que cela ne soit pas vicié par des calculs politiques, au lieu de tourner en rond. On parle avec tout le monde sauf avec ses propres compatriotes au Congo, on doit rompre avec cela. Parlons en c'est tout. Ecoutons les uns et les autres, que chacun vienne avec ce qu'il revendique.

 

Propos obtenus par Congoedition Kinshasa  
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