| Le rêve de mon père : le fardeau qui se transmet de père en fils. |
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| Sunday, 15 February 2009 16:29 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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« Un matin de 1997, Papa m’appela au téléphone et m’informa : « je viens d’être reçu par le chef de l'Etat, Laurent Désiré Kabila, il m’a demandé vu mon âge si j’avais des fils qui pourraient travailler avec lui, je lui répondis: "Papa je ne suis pas prêt, je ne sais pas si je vais faire la politique..." aussitôt j’appela mon grand frère en France et lui partagea les propos de Papa, il me répondit : « est ce qu’il (Kabila) m’écoutera ?…en examinant son régime je pense qu'il va contre "le mur" ». Kabila fut assassiné en Janvier 2001, son fils "Joseph" lui succéda: intuition politique ou hasard? En 1983, « je décidais de devenir organisateur de communautés », raconte le nouveau président américain, « quand mes amis, à l'université, me demandaient quel était le rôle d'un organisateur de communautés, je n'étais pas capable de leur répondre directement : je discourais sur la nécessité du changement ». Aujourd’hui, l’avènement de Barak Obama à la magistrature suprême des Etats-Unis, surtout son symbolisme axé sur le désir de « changement », emmène toute personne de race noire et surtout africaine de faire une interrogation profonde; de savoir réellement si chacun de nous vit à la totalité de ses potentiels. Ayant eu l’habitude de me soustraire, de « m’autocensurer », et de ne pas combattre toutes formes des forces inertielles internes et externes en moi, cette élection a ouvert la sphère du succès pour tous les noirs du monde, moi inclus. Le défaitisme qui consistait à rénoncer au bonheur et aux choix « judicieux » ou "impérieux" au détriment de l’acceptation de tout, sauf son propre choix de destin est aujourd’hui effacé, même chez les sois disants congolo-péssimistes, ce mur dévastateur n'existe plus. L'espoir a eu raison de l'autocomplexe. Pour ainsi, l’histoire de mon père commence officiellement un certain 10 octobre 1924 pour s’achever en 2002. Une histoire événementielle, colorée des personnalités les plus mythiques du siècle écoulé : Nerhu, Baudouin, Kasavubu, Lumunba, Bomboko, Kamitatu, Kashamura,Tshombe, Kithima, Mobutu, LD Kabila… De la première conférence des pays non-alignés à New Delhi en 1956 en Inde à l'arrivée au pouvoir de Joseph Kabila. Mon papa, un homme qui était à la fois si proche et si distant; à la fois ouvert, à la fois mystérieux; à la fois très intelligent, mais pouvait commettre les erreurs les plus impardonnables; un homme mythique pour tous les « vieux » de son époque qui ont chanté son nom dans l'oeuvre méga-historique de Grand Kallé:"indépendance cha cha" http://www.youtube.com/watch?v=0y6BjNJD0ZM ou table ronde http://www.youtube.com/watch?v=ReDXC0yK31M. Pour moi, il fut un père comme tout autre, mon "pourvoyeur", il m'a donné un lit et une toiture; il avait un nom affectif pour moi, il m’appelait « Lianza », le nom d’un guerrier légendaire du Congo. Il me caressait encore de baisers même après ma majorité, cette maniféstation d'amour étonnait beaucoup de mes amis. "Ça ira un jour", me disait-il. Je pleure encore lorsque je rumine ces mots. L’histoire de mon père se résume en quelques mots : "de presque rien à presque tout". C’est comme les récits de cinéma des années 80, d’un homme « tout seul » (one man army movie), qui à partir des circonstances les plus désavantageuses (orphélin) a su bâtir une vie, digne et acceptable pour lui, sa famille, et a joué un rôle important dans son pays. Ce même homme qui même au paroxysme de son succès ou de son influence n’a pas utilisé l’Etat pour extorquer, détourner ou violenter ses concitoyens; alors qu’on a toujours ouie dire que ses collègues le faisaient. Je me rappelle le jour de mon mariage, ma mère, une femme simple et une des premières "mamans" congolaises à conduire un véhicule dans les années soixante, me glissa un conseil de portée historique : « je veux que tu sois comme ton père dans ton mariage, quand il sortait de la maison, il nous ramenait "toujours" quelque chose ». C’était une façon posthume pour elle de dire combien elle était fière de lui, d'un homme imparfait. Les compliments étant souvent tardifs et rares, ce fut pour moi un grand moment affectif de découvrir les émotions de ma mère au delà des routines desentimentilisées de la vie de couple congolaise. Outre qu’il vivait en « véritable Monk », avec beaucoup de restrictions sur lui- même, il devait à tout prix refleter l'Etat. Pour lui, la bonne conduite en public, pas d'hypocrisie. Cela causait parfois ses "chutes", Il avait un sens élevé de l’Etat et de l'amour du peuple, l'amour des "inconnus", des visages"sans noms". Avec lui, on avait l’impression que l’Etat n’était pas un élément abstrait, mais une véritable « composante vivante » qu’on pouvait apercevoir dans chacun de metre carré de la vie et de l'espace congolais: dans notre éducation, point n'est besoin de dire, son language incluait souvent une terminologie étatique: détournement de fonds lorsque l'argent qu'il a octroyé n'était pas utilisé pour le besoin promis. Un jour, un oncle maternel menacé de confiscation de ses biens par le gouvernement Kengo pour des problèmes fiscaux dissimula ses biens chez nous afin de beneficier de l'umunité de perquisition que notre maison avait; mon père s’y opposa avec la plus "grande" vigueur, et demanda à son beau frère de chercher une résolution à l’amiable avec le gouvernement. Voila un exemple de ce que fut sa perception de l'Etat. Dans les années 60, son parti, le PNP (parti national Progrès) fut injustement appelé « pene pene ya mindele » (proche des blancs) à cause de ses affinités avec la Belgique et le roi des belges. Le PNP ne fut pas un parti tribal comme beaucoup. Pourtant il avait sugeré à Lumumba de garder certains blancs après l’indépendance afin de former l’élite qui devrait prendre une relève progressive à l’instar de l’Afrique du Sud de Mandela. Aujourd'hui nombreux disent que ce départ "précose" est incidentiel aux malheurs qui ont suivis. C’est pourquoi je n’ai pas honte de dire, bien qu’ami de Lumumba, qu’il ne fut jamais un Lumumbiste, qui selon sa perception du lumumbisme, correspondait à l’absence de "diplomatie appaisante" et au confrontationisme". Pour lui, il disait sans cesse qu’il faut être « diplomate », combattre les bons combats et les gagner, donc se faire « petit » quand il le faut. Des tiraillements auxquels je suis aujourd'hui confronté: choisir entre le silence et la raison, entre le bavardage et le capotage... patriote béliqueux ou patriote stratège?.Toutes ces natures sont moi, j'ai appris donc de faire leur géstion, car je suis un "produit dérivé". Mon fardeau familial n’est pas moindre, il est "collossal": qu’il s’agisse de marcher dans les pas difficiles d’un homme de droiture comme mon père, ou de veiller à ce que je ne trébuche pas dans les mêmes erreurs de naïveté que lui, même être chanceux comme lui, lorsque 90 % de portes s’ouvraient pour lui, ou encore ma lutte contre la drépanocytose ou l’anémie SS, une maladie liée au sang, laquelle a décimée la vie de deux de mes frères dans leur jeunesse, ont été mes expériences rudimentaires de nécrophilie et d’autres liens de caractère. Je me bats aujourd'hui pour que je vis pour moi, au delà de ce que je porte avec un grand sens d'historité, ou soit mon héritage tout simple, des choses ayant appartenues à d’autres mais aujourd’hui sont les miennes. Cet héritage dont je dois d'ailleurs déshériter en partie les aspects nuisibles, espérant que de tout ça sortira un « homme nouveau », un qui est plus que jamais "homme libre", prêt à servir sa nation et l’humanité, comme le fit son père. PS: Paul Bolya échappa aux martyrs de la pentecôte en1966. Cliquez sur le lien. http://congodiaspora.forumdediscussions.com/histoire-f21/les-pendus-de-la-pentecote-t770.htm (source www.congodiaspora.com) A Popol Bolya Lokekya(Roca) (1959-1986) et Eric Bolya Bokulu-Amba(Goliath) (1975-2000), Love never cease. Congoedition 2009
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